PostHeaderIcon Histoire pendant le Second Empire du territoire du SI Saône & Mouzon

La situation industrielle en 1870

Les carrières  sont assez nombreuses : 21 carrières recensées sur l’ensemble du canton, une de plâtre à Ainvelle qui fournit une fabrique de plâtre en 1830 comprenant 8 ouvriers,  3 de pierres à bâtir, grès et calcaire à Blevaincourt  où existent 2 tuileries  et 2 fours à chaux. 4 de grès rouge et 2  de moellons  à Frain, 1 tuilerie à Damblain, 1 de grès Grignoncourt, 4 de pierres calcaires à Martigny, 2 de pierre calcaire à  Senaide, 4 de grès blanc à Tignécourt.

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Photo ADP3P S Mayoud
Les Carrières de Châtillon-sur-Saône

Le canton est peu industrialisé, contrairement à l’Est des Vosges où se développent l’industrie textile ; on dénombre 1 filature de laine à Châtillon, 5 tisserands à Isches, 1 filature de 90 broches à Serécourt, 1 fabrique de toiles mécaniques et cribles à Rocourt (2 ouvriers) ,  1 lingerie à Senaide.

Seules quelques usines dignes de ce nom existent à Lamarche, une usine à vapeur pour fabrique d’étrille et objet de ménage en tôle et fil de fer avec une trentaine d’ouvriers  et une usine à vapeur pour ferblanterie et scierie de 16 ouvriers . A Rozières fonctionne 1 fabrique de coussinets montés sur cylindre qui emploie 10 ouvriers; à Villotte2 usines pour fabriquer des chaises sculptées avec 7 ouvriers en tout.

Préparation de la pâte pour la fabrication du papier aux Thons avec 2 ouvriers. Sans oublier la fonderie de cloches Robécourt où travaillent 2 ouvriers.

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Photo ADP3P
Fonderie de cloches à Robécourt

Sinon cela reste artisanal avec 1 taillandier (artisan qui fabrique des outils) et 1 ferblantier à Isches, 1 fabricant de charrues à Rozières « M. Lallement est un constructeur d’instruments perfectionnés , il fait de bonnes charrues et des grands vans »,

Les usines liées à l’agriculture : 1 distillerie de betteraves qui fonctionne 2 mois par an à Damblain,

La meunerie est plus développée, l’huilerie un peu moins  : 2 moulins à  Frain, 2 à Senaide 3 à Martigny, 3 meuniers à Isches , 1 moulin et 1 atelier de construction de machines à battre le grain à Lironcourt, 1 huilier à Isches et 3 fabricants d’huile à Serocourt.

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Photo ADP3P F Relion
Huilerie à Ainvelle

La situation agricole

L’Ouest du département des Vosges dont le canton de Lamarche est une zone fortement agricole : on y pratique l’assolement triennal avec la jachère, dans un  paysage  de champs ouverts et d’habitat groupé, où le troupeau communal a encore sa place. On y cultive le froment pour un tiers, avec un rendement assez faible, de l’avoine, des pommes de terre et de la vigne (Senaide , Lamarche) . On y élève des chevaux, des bœufs pour le labour, des porcs, des moutons, des chèvres pour l’alimentation. Des tentatives sont faites dès 1835 par la société d’émulation des Vosges, par la jeune chambre d’Agriculture en 1851 pour vaincre « la routine ancestrale » selon Poull. Des idées d’agronomes pour supprimer la jachère, développer l’élevage de bovins et utiliser la litière en engrais, remembrer les parcelles, sélectionner les semences et surtout employer des moyens mécaniques auront beaucoup de mal à arriver dans notre région. Edouard Bécus en 1883 dresse  la situation  du canton avec un certain pessimisme : il note le peu de développement des purinières (aires à fumier) qui permettrait une amélioration des principes de fertilité et donc de la réussite agricole grâce aux valeurs fertilisantes du fumier en tant qu’engrais. Le village champion est Blevaincourt avec 10 purinières, mais il manque des chemins d’exploitation ! alors qu’à Ainvelle il existe des chemins de défruitement pour toutes les saisons et 2 purinières.  Seul M . Pothier à Fouchécourt a donné l’exemple du drainage qui permet à une prairie de fournir une double récolte  mais n’a pas trouvé d’imitateur. Mais il n’y a pas que cela : développer l’élevage des bêtes à cornes tels que les bœufs et  produire des tourteaux de colza, de lin, avec des résidus d’une huilerie, tel est le progrès réalisé à Lamarche par Charles Floriot, sans oublier la culture de la betterave (à Senaide , aux Thons et summum une distillerie à Damblain) et de la pomme de terre.

Ne parlons surtout pas du développement mécanique presque inconnu dans le canton : la moindre machine est signalée : à Senaide « un cultivateur cultive ses vignes avec la petite charrue vigneronne, à Serocourt « 1 bisoc, une charrue fixe, un buttoir sont les seuls instruments perfectionnés », à Martigny les instruments perfectionnés sont les moissonneuses, les batteuses et autres. » A Frain aussi une faucheuse-moissonneuse et deux houes à cheval.

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Photo ADP3P C Huel
Vignes à Châtillon-sur-Saône

Les Comices agricoles sont là pour récompenser les efforts fournis en particulier dans la création des prairies naturelles : Châtillon, Grignoncourt arrivent en premier. Martigny est félicitée pour son troupeau important : 300 bœufs, 240 vaches, 250 chevaux. Mais l’auteur s’étonne du manque de places à fumier modèles ! Il dénonce aussi le manque d’instruction agricole dans les écoles car celui-ci entraîne l’exode.

La fin du 19° siècle « dans un canton riche par son sol où le bien-être règne, éloigné des grandes villes et des usines » est marquée par le début de l’exode rural.


 

 

 
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